Nays NXT BTSD
Une canne big bait longue et parabolique qui propulse les gros leurres plus loin que les cannes classiques de 2m40 et qui garde les brochets piqués. Il faut accepter sa longueur et son poids en bateau.

Carte d'identité
- Longueur
- 2m90
- Poids de leurre
- 150-400g
- Action
- Regular
- Poids
- non communiqué
- Brins
- 2 brins
- Anneaux
- Fuji Alconite
- Montage
- Casting
- Blank
- Carbone haut module Nays NXT
La jauge
Échelle commune à toutes les cannes du site
Il y a une pêche où la canne fait vraiment la différence avant même la première touche : celle des gros leurres à brochet. Quand tu lances un swimbait de 250 g pendant six heures, chaque centimètre de distance et chaque gramme en moins comptent. La Nays NXT BTSD a été conçue pour ça, en collaboration avec les pêcheurs de Boatside, qui traquent les gros brochets de Suède aux leurres XXL. Une canne casting de 2m90, deux brins, pour des leurres de 150 à 400 g.
Ce qui frappe tout de suite, c’est la longueur. La plupart des cannes big bait font 2m40 à 2m60. Ici, on gagne trente à cinquante centimètres, et ça change tout au lancer. On l’a emmenée sur un grand lac aux bordures d’herbiers lointaines et sur une rivière large où les brochets tiennent le chenal : la BTSD envoie un leurre de 200 g là où une canne classique ne va pas, et elle le ramène avec un confort qu’on n’attendait pas sur une canne aussi puissante. Verdict en une ligne : une très bonne canne big bait, à condition d’avoir la place pour la manier.
Faut-il l’acheter ? La réponse courte
Oui si tu pêches le brochet aux swimbaits, aux gros leurres souples et aux glidebaits de 150 à 400 g, surtout du bord ou en bateau avec de l’espace, et que tu cherches de la distance et de la sécurité au combat. Non si tu pêches principalement en float tube, en petit bateau à deux, ou si tes leurres font moins de 120 g : la canne sera trop longue et trop lourde pour ce que tu lui demandes. À un peu plus de 260 €, c’est l’une des propositions les plus sérieuses du moment dans cette catégorie de puissance.

Fiche technique et positionnement dans la série NXT
Une seule déclinaison : 2m90, casting, deux brins, puissance annoncée de 150 à 400 g. Le blank est un carbone haut module propre à la série NXT, monté avec des anneaux Fuji Alconite, plus résistants que des anneaux standard face aux tresses épaisses chargées de sable et de débris. Le porte-moulinet est un modèle casting classique, bien dimensionné pour un moulinet de taille 300 à 400, avec une poignée longue en EVA qui permet de caler la canne sous l’avant-bras pendant la récupération. Le poids de la canne n’est pas communiqué par la marque, on peut juste dire qu’en main elle est dans la moyenne des cannes de cette puissance, ni plume ni enclume.
L’action est parabolique, ce que la marque appelle « regular ». Concrètement, la canne plie sur toute sa longueur, pas seulement en pointe. C’est un choix délibéré pour deux raisons. D’abord, le lancer : une canne qui se charge sur toute sa longueur stocke plus d’énergie et la restitue au leurre, d’où la distance. Ensuite, le combat : un gros brochet qui secoue la tête contre une canne raide arrache les hameçons, alors qu’une canne qui travaille amortit chaque coup et garde la tension. Les pêcheurs de Boatside ont construit toute leur approche là-dessus.
Dans la série NXT, la BTSD est l’outil des gros leurres, à l’opposé de la Nays NXT Pro Hardbait qui travaille des poissons nageurs de 3 à 28 g. Deux cannes qui n’ont rien en commun sinon la marque et le niveau de finition. Si tu cherches une Nays pour le brochet aux gros leurres, c’est elle, et il n’y a pas de version intermédiaire pour le moment.
Ce qu’on a senti, canne en main
Le lancer, d’abord, puisque c’est pour ça qu’elle existe. Avec un swimbait de 220 g et un moulinet de taille 300 garni de tresse 0,40, la BTSD lance en balancier, sans forcer : tu laisses pendre le leurre à un mètre cinquante sous le scion, tu charges la canne par-dessus l’épaule, et elle fait le travail. Par rapport à une canne de 2m40 utilisée le même jour avec le même leurre, on a gagné sans exagérer une dizaine de mètres, et surtout on a fini la journée sans douleur dans le coude. La longueur joue aussi sur la récupération : le leurre nage plus profond et le scion encaisse les vibrations d’un gros swimbait sans transmettre tout ça au poignet.
L’animation est le point à comprendre avant d’acheter. Pour un swimbait à nage continue, un gros shad ou un jerk à petits coups, l’action parabolique est parfaite : le leurre vit tout seul, tu sens ses vibrations et chaque interruption de nage. Pour un glidebait qu’on fait glisser avec de grands coups de scion, la BTSD impose un geste plus ample et un peu plus lent qu’une canne à pointe rigide. On s’y fait vite, mais ceux qui ont l’habitude des cannes raides type jerkbait auront besoin d’une ou deux sorties pour trouver le rythme.
Au combat, c’est une canne rassurante. Un brochet d’une bonne taille pris en bordure d’herbier a pu sortir de la végétation sans que la canne ne fasse de bruit : elle plie, elle garde la tension, elle ne cède pas. Avec un frein bien réglé et une tresse solide, on a le sentiment de pouvoir tout sortir. Le seul moment où la longueur gêne, c’est l’épuisette : à 2m90, il faut reculer ou lever haut pour amener le poisson à portée, et ça demande un peu d’organisation à deux dans un bateau.

Pour quels leurres et quelles pêches
La plage annoncée va de 150 à 400 g, et c’est l’une des rares cannes où la plage haute est vraiment exploitable : un leurre de 350 g part proprement, la canne se charge sans arriver en butée. Le cœur de l’usage se situe entre 180 et 300 g, là où elle est la plus agréable : swimbaits multi-sections, gros leurres souples sur armement lourd, glidebaits de 20 à 25 cm. En dessous de 150 g, la canne ne se charge plus assez au lancer et perd l’intérêt de sa longueur.
Les espèces ? Le brochet, évidemment, et de préférence le gros. Le silure aux leurres aussi, puisque la puissance et l’action parabolique conviennent parfaitement aux combats longs. Les milieux où elle brille : les grands lacs, les rivières larges, les bordures qu’on pêche du bord avec de la place derrière soi, le bateau quand on est seul ou qu’on a un pont dégagé. Là où elle est moins à l’aise : le float tube, le kayak, les petites rivières encombrées, le bateau à deux ou trois pêcheurs serrés. Dans ces cas-là, une canne de 2m40 à 2m60 sera plus logique, et notre guide de la meilleure canne big bait pour le brochet t’aidera à choisir la bonne longueur selon ta pratique.
Quel moulinet et quelle tresse
Un moulinet casting de taille 300 au minimum, 400 si tu pêches souvent au-dessus de 250 g, avec un bon frein et une bobine qui accueille 100 à 150 m de tresse épaisse. Le moulinet pèse forcément son poids (autour de 300 g), mais c’est ce qui équilibre la canne : avec un moulinet trop léger, la BTSD pique du nez et devient fatigante.
En tresse, du 0,35 à 0,45 mm (60 à 100 lb) selon la taille des leurres et le milieu, avec un bas de ligne en fluorocarbone de 0,80 à 1 mm ou un bas de ligne acier ou titane pour les dents du brochet. Pas de nylon ici, sauf en tête de ligne : la distance de lancer et le ferrage à longue distance demandent une ligne sans élasticité. Avec un moulinet de taille 300 chargé, l’ensemble dépasse largement le kilo, ce qui te donne une idée de ce que « canne big bait » veut dire pour les bras.
Points forts, points de vigilance
Le point fort numéro un, c’est la distance de lancer : la longueur et l’action parabolique additionnent leurs effets et la différence avec une canne de 2m40 est visible dès le premier lancer. Le second, c’est le combat : cette canne ne décroche pas les poissons, elle les accompagne. Le troisième, c’est le rapport entre ce que tu paies et ce que tu obtiens : des Fuji Alconite, un blank sérieux et un cahier des charges signé par des gens qui pêchent vraiment les gros leurres, pour un peu plus de 260 €, c’est bien placé dans un segment où les tarifs montent vite.
Les points de vigilance maintenant. La longueur, on l’a dit, demande de l’espace : réfléchis à l’endroit où tu pêches le plus souvent avant d’acheter. Le poids de l’ensemble, canne plus moulinet plus leurre, fatigue sur une journée complète, comme toute canne de cette catégorie, mais la longueur ajoute un bras de levier qui se sent en fin de session. Et l’action parabolique, parfaite pour les swimbaits, demande d’adapter son geste pour les glidebaits à grande amplitude. Rien de rédhibitoire, mais autant le savoir.
Face à la concurrence
Chez Westin, la W3 Monsterstick-T 3RD est la référence accessible du big bait, plus courte et plus raide, dans un esprit « canne à jerk XXL ». Elle lance moins loin que la BTSD mais elle est plus facile à manier en bateau et plus précise pour les glidebaits. Pour un budget encore plus serré ou un usage occasionnel, c’est elle. Et dans la gamme supérieure, la W10 Monsterstick-T joue la carte de la légèreté et du haut module, avec un tarif nettement plus élevé.
Chez Illex, la Swimbait Driver est pensée spécifiquement pour les swimbaits et les gros souples, avec une action elle aussi plutôt progressive. Elle est plus courte que la Nays, donc plus pratique en embarcation, mais elle ne propose pas la même distance ni la même réserve au-delà de 250 g. Entre les deux, le choix se fait sur le terrain : grand lac et bordures lointaines, la BTSD ; bateau et précision, l’Illex ou la Westin. Pour une vue d’ensemble, notre comparatif des meilleures cannes casting pour le brochet couvre tout le spectre.
Pour qui, pour qui pas
La BTSD est pour le pêcheur de brochet qui a déjà basculé dans les gros leurres, qui pêche du bord de grands plans d’eau ou en bateau avec de la place, qui cherche à gagner de la distance et à sécuriser ses combats. C’est aussi une excellente canne pour celui qui a des problèmes d’épaule ou de coude avec les cannes raides : la parabolique soulage énormément.
Elle n’est pas pour celui qui découvre les gros leurres (commence plus court et moins puissant), pour le pêcheur de float tube ou de kayak, ni pour celui qui pêche surtout aux jerkbaits durs de 100 à 150 g à grande amplitude. Dans ces cas-là, le même budget sera mieux employé sur une canne de 2m40 à 2m60 avec une pointe plus rigide.
Notre verdict
La Nays NXT BTSD est une canne big bait qui assume un parti pris : la longueur et l’action parabolique au service de la distance et du combat. Dans son domaine, les swimbaits et gros souples de 180 à 300 g lancés loin, elle fait partie des meilleures qu’on ait essayées, et son tarif la rend accessible à beaucoup de pêcheurs. On lui met 4 sur 5 : le point en moins, c’est l’encombrement et le poids de l’ensemble, qui la réservent aux pêcheurs qui ont la place et les bras. Si c’est ton cas, c’est une très belle canne.
Difficilement. À 2m90, elle est trop longue pour lancer et épuiser confortablement un poisson assis au ras de l’eau. En float tube ou en kayak, une canne big bait de 2m40 à 2m60 sera bien plus pratique, même si elle lance un peu moins loin.
Une taille 300 au minimum, 400 si tu pêches régulièrement des leurres de plus de 250 g. Il faut un frein puissant, une bobine capable de contenir 100 à 150 m de tresse de 0,40 mm et un poids autour de 300 g pour équilibrer la canne.
On peut, mais ce n’est pas son terrain. En dessous de 150 g, la canne ne se charge pas assez au lancer et sa longueur n’apporte plus rien. Pour des leurres de 60 à 150 g, une canne de puissance inférieure sera plus agréable et plus précise.
C’est la signature de l’équipe Boatside, des pêcheurs suédois spécialisés dans le gros brochet aux leurres XXL, avec qui Nays a développé cette canne. Le cahier des charges vient directement de leur pratique : lancer loin, animer sans se fatiguer, ne pas perdre les gros poissons.
La Westin est plus courte et plus raide, pensée comme une canne à jerk pour gros leurres : plus précise, plus facile en bateau. La Nays est plus longue et parabolique : elle lance plus loin et amortit mieux les combats. Le choix dépend surtout de l’endroit où tu pêches.
Oui, pour la pêche du silure aux leurres de 150 à 400 g. L’action parabolique encaisse très bien les combats longs et la puissance est suffisante pour des poissons de belle taille, à condition de la monter avec une tresse et un moulinet dimensionnés en conséquence.
Ce qu'on aime
- Distance de lancer nettement supérieure avec un leurre de 200 à 300 g
- Action parabolique qui amortit les coups de tête des gros brochets
- Plage 150 à 400 g réellement exploitable, pas seulement sur le papier
- Deux brins, transport facile malgré les 2m90
- Prix contenu pour une canne de cette puissance
- Anneaux Fuji Alconite qui supportent les tresses épaisses
Ce qui coince
- Longueur encombrante en bateau à deux et en float tube
- Fatigante sur une journée entière de swimbaits en continu
- Action parabolique moins précise pour les jerks à grande amplitude
Notre verdict
Nays NXT BTSD
Une canne big bait longue et parabolique qui propulse les gros leurres plus loin que les cannes classiques de 2m40 et qui garde les brochets piqués. Il faut accepter sa longueur et son poids en bateau.
4/5
J'achète