Le top 5 des cannes Illex de Gaël Even pour le brochet

Blue Shadow B 190 MH Vertical II

Quand un pêcheur possède quarante cannes, ses choix ne veulent plus dire grand-chose. Quand il en emmène quatre sur le bateau et qu’il pêche avec la même depuis quatre saisons, c’est autre chose.

Gaël Even occupe une position particulière dans le paysage français. Membre du team Illex, guide et auteur, il a la main sur une partie des produits qu’il utilise. Cela crée un biais évident, qu’il faut avoir en tête, mais aussi un avantage rare : quand une canne ne lui convient pas, il la fait modifier plutôt que d’en chercher une autre. Ses choix sont donc extrêmement documentés, jusqu’au diamètre de tresse.

Voici les cinq modèles Illex qui reviennent dans ses ensembles brochet, avec l’usage précis qu’il leur assigne.

D’où viennent ces informations

Cet article s’appuie sur des sources publiques et vérifiables : le détail de ses ensembles brochet publié dans un dossier consacré à l’ouverture, ses propres articles sur le choix d’une canne verticale, et une longue interview où il revient sur le développement de sa canne principale.

Aucune de ces cannes n’a été testée par nos soins dans les conditions qu’il décrit. Ce qui suit restitue ses choix et ses arguments, pas un test terrain.

1. Night Shadow Jungle Blast B 220 MH, sa canne à rubber jig

C’est la plus intéressante des cinq, parce que c’est la seule qu’il a lui-même fait naître.

Il l’explique sans détour : il s’est fait une canne dans la série Night Shadow qui lui convenait, elle a été baptisée Jungle Blast, et il pêche avec depuis quatre saisons. Casting, 2,20 m, puissance 7 à 30 g, elle est dédiée aux pêches de bordures encombrées, au rubber jig, au spinnerbait et aux montages texan.

Le cahier des charges qu’il décrit vaut pour n’importe qui cherche une canne à jig. Un blank très conique et un talon très court, pour pouvoir pitcher facilement, avec cette longueur de 2,20 m qu’il privilégie. Et surtout, un scion volontairement un peu doux, pour deux raisons qu’il détaille lui-même : à la touche, cela permet de rendre la main sans que le poisson sente immédiatement la résistance du blank, et au passage des herbiers ou des bois, cela laisse assez de souplesse pour franchir l’obstacle sans y planter le leurre.

Il la monte avec un moulinet casting en taille 200 et une tresse quatre brins en 0,22 mm fluo.

Un point avant de courir en magasin : il précise que le modèle a été retravaillé pour la génération suivante. La référence disponible aujourd’hui n’est donc pas nécessairement identique au blank dont il parle.

2. Night Shadow Cranking Time B 220, pour pêcher décalé

Deuxième ensemble, même longueur de 2,20 m, mais une puissance de 12 à 45 g. Celle-ci est affectée à la pêche en pleine eau et sur le cassant, avec les leurres métalliques, les crankbaits et les lipless.

La particularité de ce blank tient à l’ajout de fibre de verre, qui adoucit l’action sans faire perdre en rapidité. Le résultat reste une action extra fast, mais plus confortable, ce qui autorise des leurres souples jusqu’à 15 cm sur des têtes plombées de 15 à 20 g. C’est exactement ce qu’on recherche sur des leurres à forte résistance : assez de douceur pour absorber les coups de tête et ne pas décrocher un poisson mal piqué sur un triple, assez de nervosité pour rester précis.

Même moulinet en taille 200, tresse quatre brins en 0,20 mm.

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3. The Artist X5 Angel of Darkness B 220 H, l’ensemble swimbait

Toujours 2,20 m, mais on passe cette fois sur du 20 à 80 g, avec un usage clairement délimité : swimbait et leurres souples entre 30 et 90 g.

C’est le modèle haut de gamme de sa sélection, construit sur le blank X5 et monté en anneaux Fuji Torzite Titanium. On retrouve ici la logique de spécialisation qui structure tout son arsenal : cette canne ne sert pas à faire un peu de tout, elle sert à propulser et animer des leurres lourds sans compromis, et elle reste au sec le reste du temps.

Même configuration de moulinet, tresse quatre brins en 0,22 mm.

Découvrez plus de détails sur cette canne

4. Blue Shadow B 190 MH Vertical II, sa verticale casting

On change de registre pour aborder la verticale, technique sur laquelle il a beaucoup écrit.

Il décrit ce modèle en une phrase qui résume bien son positionnement : sa canne verticale casting passe-partout, avec un peu de longueur, un peu de souplesse, et tout de même de la puissance. C’est le profil de l’outil qu’on laisse monté toute la journée parce qu’il encaisse la majorité des situations sans exceller nulle part de façon spectaculaire.

Sur le brochet, la verticale prend tout son sens sur les cassures marquées et les bois immergés, là où un leurre lancé de loin serait perdu avant d’atteindre le poisson. L’intérêt du casting y est double : la gâchette soulage le poignet sur des sessions longues, et le débrayage permet de suivre une cassure sans lâcher la canne.

5. Blue Shadow S 190 MH Vertical, la version spinning musclée

Le pendant spinning du modèle précédent, qu’il qualifie de verticale spinning musclée.

L’intérêt de garder les deux tient à un détail que beaucoup de pêcheurs découvrent trop tard : à longueur et à puissance identiques, une canne casting est plus puissante qu’une spinning. Choisir le spinning en verticale suppose donc d’accepter une amplitude de ferrage plus importante, ce qui constitue la cause la plus fréquente des décrochages sur cette technique. Cela s’anticipe simplement en gardant la canne plus basse au moment du contact plutôt qu’en la tenant à la verticale.

Il recommande par ailleurs de ne pas descendre sous 24 centièmes de bas de ligne sur ce type de pêche, dès lors que les plombées deviennent lourdes.

Attention toutefois : ces deux références proviennent d’un article plus ancien et la gamme a évolué depuis. Les équivalents actuels se trouvent dans la famille Vertical Game des Night Shadows, avec des plages de puissance comparables.

Ce que révèle vraiment cet arsenal

Trois constantes ressortent quand on aligne ces ensembles, et elles sont plus instructives que les références elles-mêmes.

La première est le casting quasi systématique. Aucun de ses ensembles brochet lancer n’est en spinning, et il n’y revient qu’en verticale. Son argument est celui rappelé plus haut : plus de puissance à caractéristiques égales, et moins d’amplitude nécessaire au ferrage.

La deuxième est la longueur de 2,20 m, présente sur ses trois ensembles de lancer. Il l’assume comme un choix personnel lié au pitching, et cela dit quelque chose de sa façon de pêcher : beaucoup de lancers courts et précis en bordure, peu de longue distance.

La troisième est la spécialisation extrême. Chaque canne couvre une plage de puissance qui ne recoupe presque pas les autres : 7-30 g, 12-45 g, 20-80 g. Il ne cherche pas la polyvalence, il cherche à ce que chaque outil soit optimal dans son créneau. C’est une approche de professionnel qui passe cent jours par an sur l’eau, et elle n’est pas transposable telle quelle à quelqu’un qui sort quinze fois dans la saison.

Si vous ne deviez en retenir qu’une

La réponse dépend de votre terrain.

Si vous pêchez beaucoup de bordures encombrées, de bois immergés et d’herbiers, le profil de la Jungle Blast est celui à viser : 2,20 m, autour de 7-30 g, un blank conique, un talon court et surtout ce scion légèrement doux qu’il considère comme déterminant. C’est aussi le créneau où la technique qu’il défend le plus, le rubber jig, donne ses meilleurs résultats, quand l’eau se situe entre 15 et 18 degrés et que les bordures sont encombrées.

Si votre pêche se joue plutôt sur le cassant et en pleine eau, la logique de la Cranking Time est plus pertinente : un peu plus de puissance, un peu plus de douceur dans l’action, de quoi encaisser crankbaits et gros souples sans décrocher.

Et si vous n’êtes pas encore équipé en casting, sachez que la marche à franchir est réelle. Un ensemble mal réglé transforme chaque lancer en perruque, et il vaut mieux commencer avec des leurres d’au moins 20 g pour se faire la main.

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